La Renaisance : une révolution qui touche des arts différents.

09 mars 2008

Qu'est-ce que la Renaissance ?

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C’est au XVe siécle que débute en Italie une énorme floraison artistique qui propose une nouvelle conception de l’art qui touchera toute l’Europe.
La Renaissance, inspirée de l’Humanisme, place l’homme et la nature au centre de ses préoccupations.
Si ce mouvement annonce la fin du Gothique et se signale par un nouvel intêret pour les œuvres gréco-romaines, il ne se veut pas seulement une imitation de l’Antiquité mais une véritable révolution philosophique et technique dans l’histoire de l’art européen.
L’homme appréhendé dans une perspective humaniste est au cœur des productions artistiques, comme le peindra Michel-Ange dans la chapelle Sixtine à Rome. La religion chrétienne est toujours source d’inspiration, mais on représente aussi des scènes de la mythologie païenne comme le fait Le Titien ou bien encore des philosophes grecs, comme le démontre Raphaël dans "L’école d’Athénes".
A Florence, des architectes et des peintres à la suite de Brunelleschi mettent au point la perspective : il s’agit de voir clairement les sujets en trois dimensions sur une surface qui n’en a que deux et de respecter les proportions naturelles, préoccupations mineures dans l’art médiéval.
Les progrés de la métallurgie facilitent la réalisation de colossales sculptures comme celles de Donatello.
En peinture, l’utilisation de l'huile qui, mêlée aux couleurs, les fixe plus vite, permet des effets de contraste ombre / lumiére.
Léonard de Vinci emploie la technique du sfumato ( effet obtenu par la superposition de plusieurs couches de peinture très délicates ) qui donne à ses tableaux une ambiance vaporeuse et des effets de profondeur.
Cette effervescence artistique n'existerait pas sans le soutien de mécènes enrichis par une activité économique en expansion. Ils passent des commandes précises aux artistes, qui sont souvent à la fois peintres, sculpteurs et architectes.
Ainsi Michel-Ange exécute les sculptures du tombeau des Médicis mais aussi le plan du dôme de Saint-Pierre de Rome.
Les plus grands artistes voyagent dans toute la péninsule, à Rome transformée par les travaux des papes, mais aussi par exemple en Vénitie embellie par les villas de Palladio.
Les artistes italiens vont travailler pour certains souverains étrangers, comme François Ier.
La Renaissance touche l’Europe entière. Le peintre flamand Van Eyck ( instigateur de la peinture à l’huile ), le sculpteur français Goujon ou le graveur allemand Dürer en sont des exemples.

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David par Michel-Ange

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Michel-Ange (1475-1564)

Sculpteur, peintre, architecte et poète italien. L’originalité, la puissance, le caractère grandiose de son œuvre en font un des plus grands artistes de la Renaissance.
Ses sculptures les plus connues sont le Tombeau de Jules II, la Piéta, le David.
Il a également peint le plafond de la chapelle Sixtine.

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David, 1501-1504
Marbre, hauteur : 410 cm, Florence

Cette sculpture était destinée à la cathédrale de Florence. Elle représente David, héros de l’Ancien Testament, qui avait fait preuve de courage et d’intelligence pour vaincre Goliath et libérer ainsi son peuple des Philistins. David est un personnage symbolique pour Florence, petit Etat. Il personnifie le faible qui, par son intelligence, prend le dessus sur son ennemi plus fort.
Le David de Michel-Ange étonne par ses dimensions, plus de 4 mètres, rappelant l’art colossal de l’Antiquité.
Michel-Ange présente David sous la forme d’un jeune homme athlétique, complètement nu, sa fronde négligemment jetée sur l’épaule. Ce géant « nu » est très éloigné des représentations habituelles de ce héros biblique. On avait coutume de le représenter en guerrier casqué muni d’un glaive, la tête du vaincu posée à ses pieds. Michel-Ange dédaigne les attributs traditionnels de David et ne présente ni glaive, ni casque, ni tête coupée. Il l’identifie uniquement par le biais de la fronde qui permit au héros de dominer l’adversaire.
Le sculpteur montre les détails anatomiques, les muscles, les veines, tout ce qui suggère la puissance. Les volumes dilatés du torse constituent un moyen terme judicieux entre l’observation anatomique réelle et le traitement héroïque des sculptures antiques classiques.
Il est debout. Le corps repose solidement sur le sol en prenant appui sur la jambe de soutien tandis que la jambe libre esquisse un mouvement souple, les épaules et la tête tournant en un mouvement opposé à celui des hanches, ce qui confère une tension particulière à l’ensemble du corps.
La puissance qui se dégage du jeune homme est mise en évidence par le contraste entre son visage d’adolescent et sa carrure.
La tête, au modelé puissant, est légèrement disproportionnée par rapport au reste du corps.images_5
David est calme et concentré afin de rassembler ses forces pour le combat. Il tourne la tête vers la gauche, son regard confiant porte au loin. Ses sourcils froncés traduisent l’agressivité avec laquelle il fixe son adversaire.

Pour proportionner les éléments de sa sculpture monumentale, Michel-Ange a tenu compte du fait que le spectateur la contemple de bas en haut. Le sculpteur réussit ainsi à faire ressentir de loin l’impression d’énergie physique maîtrisée par la raison qui caractérise le héros.

Les mains et les bras, musculeux et nerveux mais détendus, accentuent encore la signification symbolique de la statue, typique de la culture florentine de la Renaissance : montrer que la force brute ne doit pas s’exprimer de façon désordonnée mais au contraire être contrôlée par les capacités supérieures de la volonté et de l’intelligence.

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La villa des Barbaro _ Andrea Palladio

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Andrea Palladio ( 1508 - 1580 )

Né à Padoue en 1508, il commence sa carrière comme tailleur de pierre, avant de devenir architecte. Il fut chargé de réaliser un certain nombre de bâtiments publics ainsi que des édifices privés, dont les fameuses villas palladiennes. Il est également célèbre par son traité sur l’architecture.

La villa Barbaro ou villa Maser 290px_VillaBarbaro_2007_07_08_01

Il construisit la villa Barbaro en 1560, dans les environs de Venise.

La villa se trouve à Maser, en Vénétie. Elle a été commandée par les frères Barbero, riches Vénétiens, amateurs raffinés de l’Antiquité, humanistes, Marcantino est un homme public de Venise, et Daniele est un homme d’Eglise, ami de lettrés et d’artistes, traducteur du traité de Vitruve sur l’architecture. images_2 Daniele Barbaro

Un idéal d’harmonie, une culture humaniste, une union profonde avec la nature guidèrent Palladio pour la réalisation de cette villa.
L’extérieur
A mi-pente, ouverte sur la campagne, la construction s’étend horizontalement. Cet alignement est interrompu par une avancée du corps central, couronné par un fronton classique, destiné en mettre en valeur la noblesse du bâtiment. De chaque côté partent deux longues ailes en arcade qui abritent les communs et qui se terminent par des colombiers.
Palladio imagine une architecture simple dans laquelle se fondent le bâtiment résidentiel et ceux destinés à la vie quotidienne et au travail. Palladio allie la beauté et l’utile. Alors que le bâtiment des maîtres donne de la noblesse aux communs, à leur tour les constructions rustiques semblent transmettre leur simplicité naturelle à l’édifice principal.

La présence de colonnes et du tympan au centre de la villa accentue la symétrie du bâtiment selon une référence évidente au monde classique. La façade de la maison des maîtres ressemble à un temple. Quatres colonnes d’ordre ionique sont surmontés d’un tympan orné de sculptures. 120px_VillaBarbaro_2007_07_08_06

L’intérieur
La maison est à deux étages. La partie la plus importante de la villa est le salon central, carré, qui accueille L’Olympe, fresque de Véronèse, en accord avec les idéaux des propriétaires. De là, on accède directement à un étage surélevé d’où apparâit le nymphée. Un charme immense émane de ces lieux à la gloire de la fontaine de Maser d’où jaillit l’eau qui alimente l’endroit.

Harmonie de l’édifice et du milieu, harmonie entre le présent et le passé, entre l’architecture et ses habitants, la villa Maser représente, dans son architecture et sa décoration, une synthèse presque parfaite de tous les idéaux de la civilisation vénitienne au XVIe siècle.


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La mort d'Actéon par Le Titien.

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Le Titien

Tiziano Vecellio, dit le Titien, est l’un des peintres les plus célèbres de la Renaissance. Il naît à Pieve di Cadore en 1490 et régnera près de 60 ans sur la peinture de Venise et du nord de l’Italie. Aussi inventif en matière de portraits que de scènes religieuses et mythologiques, il séduisit l’élite des mécènes d’Europe et d’Italie.

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La mort d’ Actéon (1559)
Huile sur toile, 179 x 189 cm, Londres National Gallery

Ce tableau fait partie des grandes allégories qualifiées de poesie inspirées d’Ovide. Ces scènes mythologiques ont été peintes pour Philippe II, roi d'Espagne. Il s’agit de" L’enlèvement d’Europe", "Diane et Callisto", "Diane et Actéon", "Tarquin et Lucrèce", "Persée et Andromède" et "La mort d’Actéon". Les trois dernières n’ont pas été livrées au roi . "La mort d’Actéon" est un tableau que le peintre a réalisé vers la fin de sa vie.

L'histoire

Chassant avec ses compagnons sur le mont Cithéron, Actéon s’isole un moment afin de se reposer et aperçoit dans une clairière la déesse Diane ( assimilée à Artemis ) au bain, nue, entourée de nymphes. Actéon est surpris. Furieuse de cet outrage, Diane le transforme en cerf. Il meurt dévoré par ses propres chiens.

La scène

C’est cette scène que nous représente le Titien. Il est possible qu’il ait choisi la mort d’Actéon afin de symboliser la supériorité de la déesse sur les mortels, et au-delà, la puissance de la séduction de la femme sur l'homme. On peut aussi interpréter le tableau de manière différente : l’artiste a pu faire allusion à la faiblesse de la condition humaine.

La scène se lit de gauche à droite. La technique du peintre donne une impression de dynamisme et de force, avec une Diane menaçante qui arrive par la gauche, un vide au milieu et, à droite, un Actéon apeuré, transformé en cerf, incapable de chasser ses chiens. L’ébauche des arbres, dans le fond, est d’une grande vivacité. Le dramatisme du récit se traduit dans la palette des couleurs qui semble quasiment monochrome, hormis les deux protagonistes en rouge.

Les personnages

On trouve quatre personnages principaux dans ce tableau : Diane, Actéon, et les deux chiens. Ils sont tous en mouvement.
Diane est debout, appuyée sur sa jambe droite, comme si elle courait. Elle vient de tirer une flèche avec l’arc qu’elle tient dans sa main gauche, son bras droit est plié en arrière. Son sein est découvert comme si elle affirmait sa féminité. Elle domine la partie gauche du tableau par sa taille imposante, sa force.

Le cerf Actéon est dressé sur ses pattes arrière, il est en position de faiblesse par rapport aux chiens. Il a encore une attitude humaine : il est vêtu de sa tunique.
Les deux chiens sont dressés sur leurs pattes arriére et se jettent sur le cerf.

Le décor

La nature occupe la plus grande partie du tableau et accentue le contraste entre le coté occupé par la déesse et celui occupé par les animaux. On distingue quatre plans dans cette peinture :

La déesse occupe le premier plan.
Les deux chiens et le cerf sont situés au deuxième plan.
Le lac et les arbres sont relégués au troisième plan.
Enfin l’arrière-plan comprend la végétation et le ciel.
Le Titien a organisé la scène ainsi afin de mettre en valeur la déesse et la mort d’Actéon.

Le tableau est séparé en deux parties distinctes. La partie gauche est occupée par la déesse et le ciel nuageux. C’est une impression de puissance qui se dégage de Diane, elle apparaît menaçante, fière.
A l’inverse, la partie droite du tableau est plus obscure, plus touffue. La luminosité très faible met en évidence la faiblesse d’Actéon.

La lumière surgit des couleurs mêmes, posées en touches rapides. Elle vient du coté gauche et n’éclaire qu’une partie du tableau, la déesse. Elle rend la scène particulièrement dramatique, plongeant « la mort » d’Actéon dans l’ombre, soulignant ainsi la solennité de l’action.

L'angoisse d'une fin inexorable naît des proportions des personnages alliées à un jeu de lumières obtenu par une utilisation savante des couleurs.


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Giovanni Pierluigi da Palestrina.

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Giovanni Pierluigi da Palestrina (1525-1594)
Il fut le premier compositeur de la région de Rome à connaître un succès international. A vingt-six ans, il fut nommé maître de chapelle à la basilique Saint-Pierre du Vatican. Il a énormément influencé la musique religieuse catholiquue et le style polyphonique qu'il défendit.

Les madriguax spirituels adaptés du cycle "Vergine" de Pétrarque

Ces madrigaux sont traités de la même manière : d'abord de longues sections sont arrangées pour les choeurs individuels, ensuite les deux choeurs commencent à dialoguer, jusqu'au "tutti" final. Chaque phrase est mise en musique avec soin, les textures varient constamment des paroles, et Palestrina prend soin que l'on entende clairement les mots.
Ces madrigaux sont inspirés du poète Pétrarque et publiés en 1581, l'année du deuxième mariage du musicien. Il est fort possible qu'il les ait composés au cours de l'année précédente, lorsqu'il envisagea de devenir prêtre après la perte de sa première femme, de son frère et de deux de ses fils, tous morts de la peste. Dans ses poèmes, Pétrarque mêle louanges et supplications à la Vierge, implorant son aide pour surmonte la perte de sa bien-aimée, Laura. Ces textes ont dû revêtir un sens tout personnel pour Palestrina.
Ses madrigaux restent d'une grande sobriété, même si Palestrina manifeste une grande sensibilité aux paroles. Les subtilités harmoniques foisonnent.
L'effet de ces madrigaux est très émouvant : leur sobriété ajoute à la tension et en même temps donne libre cours aux mots dans notre imagination.
Référence : Veringe Bella, motets et madrigaux par l'ensemble vocal régional de Champagne-Ardenne, François Lasserre.

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Conclusion

Conclusion :

La renaissance qui a connu son apogée vers 1500 avec ce que l’on appelle l’art classique, peut être considérée comme une veritable revolution dans tous les arts : peinture sculpture architecture, musique.
La transformation de l’image du monde par les sciences et les grandes découvertes, les tentions religieuses et politiques se sont reflétées dans les arts. Ce profond changement marque la fin du Moyen-Âge et le début des Temps Modernes. L’homme est désormais au centre du monde, un monde qui s’est ouvert vers l’infini avec la découverte d’autres continents et les travaux de Copernic

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